Voici enfin la vérité (statistiquement prouvée) de la non-existence du Père Noël.

Il y a approximativement deux milliards d’enfants (de moins de 18 ans) sur Terre. Cependant, comme le Père Noël ne visite pas les enfants musulmans, hindous, juifs ou bouddhistes (sauf peut-être au Japon), ceci réduit la charge de travail pour la nuit de Noël à +/- 33 % du total, soit 620 millions.

En comptant une moyenne de 3,5 enfants par foyer, cela revient à 177 millions de maisons. Le Père Noël dispose d’environ 31 heures de labeur dans la nuit de Noël, grâce aux différents fuseaux horaires et à la rotation de la Terre, dans l’hypothèse où il voyage d’est en ouest, ce qui paraît d’ailleurs logique.

Cela revient à 1587 visites par seconde. Cela signifie que pour chaque foyer chrétien contenant au moins un enfant sage, le Père Noël dispose d’environ 0,6 millième de seconde pour parquer le traîneau, sauter en dehors, dégringoler dans la cheminée, remplir les chaussettes, distribuer le reste des présents au pied du sapin, déguster les quelques friandises laissées à son intention, regrimper dans la cheminée, enfourcher le traîneau et passer à la maison suivante.

En supposant que chacun de ces 177 millions d’arrêts soit distribué uniformément à la surface de la Terre (hypothèse que nous savons fausse, bien sur, mais que nous accepterons en première approximation), nous devrons compter sur environ 1,7 kilomètre par trajet. Ceci signifie un voyage total de plus de 300 millions de kilomètres, sans compter les détours pour ravitailler ou faire pipi.

Le traîneau du Père Noël se déplace donc à 2692,5 kilomètres par seconde (7693 fois la vitesse du son). A titre de comparaison, le véhicule le plus rapide fabriqué par l’homme, la sonde spatiale Ulysse, se traîne à 49 kilomètres par seconde et un renne moyen peut courir, au mieux de sa forme, à 27 kilomètres à l’heure.

La charge utile du traîneau constitue également un élément intéressant. En supposant que chaque enfant ne reçoive rien de plus qu’une boîte de Lego moyenne (un kilo), le traîneau supporte plus de 620000 tonnes, sans compter le poids du Père Noël lui-même qui est invariablement décrit comme souffrant d’embompoint.

Aucune espèce connue de rennes ne peut voler. Bien que soient estimés à 300000 le nombre d'espèces animales (dont la majorité est constituée d’insectes et de germes divers) qui doivent encore être découverts et classifiés, cela ne justifie en rien l’existence des rennes volants que seul le Père Noël utilise. Sur Terre, un renne conventionnel ne peut tirer plus de 150 kilos. Même en supposant que le fameux « renne volant » soit dix fois plus performant, le boulot du Père Noël ne pourrait jamais s’accomplir avec 8 ou 9 bestiaux: il lui en faudrait 413333.

Ce qui porte le poids total de l'attelage, abstraction faite du poids du traîneau, à 682000 tonnes, nous conduisant à 10 fois le poids du Reine Elisabeth (le bateau, hein, pas la monarque).

682000 tonnes voyageant à 2692,5 kilomètres par seconde créent une énorme résistance à l’air. Celle-ci ferait chauffer les rennes, au même titre qu’un engin spatial rentrant dans l’atmosphère terrestre. Les deux rennes en tête de convoi exploseraient donc presque instantanément, exposant les rennes adjacents à de sévères dommages collatéraux et créant des boums soniques assourdissants lors de leur passage au-dessus des agglomérations endormies et sereines. L’attelage entier de rennes serait vaporisé en moins de 4,26 millièmes de seconde, soit juste le temps pour le Père Noël d’atteindre la septième maison de sa tournée.

 

Pas de quoi s’en faire de toute façon, puisque le Père Noël, en passant de manière fulgurante de zéro à 2692,5 km/s en 0,6 millième de seconde, serait sujet à des accélérations de 4,5 millions de g. Un Père Noël de 125 kilos (ce qui semble ridiculement mince) se retrouverait plaqué au fond du traîneau par une force de 561 millions de Newtons (ce qui correspond à un poids approximatif de 56,1 millions de kilos), écrabouillant instantanément ses os et ses organes et le réduisant en un petit tas de chairs roses et tremblotantes.

C’est pourquoi, si le Père Noël a existé, il est mort maintenant. CQFD.


Mais il existe peut-être une manière plus diplomatique de l’annoncer à vos enfants...


Joyeuses fêtes !

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