Le Yom Kippour est une fête juive. Ce jour doit permettre un retour total vers Dieu. Ce jour est l'anniversaire du retour de Moïse avec les secondes Tables de la Loi, rappelant le pardon divin après la faute du Veau d'or. C'est un jour de jeûne absolu, de repos total, d'abstinence, de prière et de pénitence. Il est interdit de se laver (même à l'eau froide), de se parfumer ou frictionner avec une lotion, d'avoir des relations conjugales. II débute au coucher du soleil et s'achève au suivant.
Rabbi Israël ben Eliezer (1698-1760) devint célèbre sous le nom de Ba'al Shem Tov (le Maître du Bon Nom), soit le « BeShT » par acronyme. Il est le fondateur du mouvement des Hassidim ou Pieux, lequel s’étendra tout d'abord en Russie et en Pologne, avant de gagner le monde entier au 20e siècle.

Un soir de Kippour, après la prière, le Ba'al shem était assis à table avec ses disciples. Tout à coup, il s'écrie: "Dites à Alexei - c'était le nom de son cocher - d'atteler!". Il prend avec lui son disciple préféré, rabbi Nahman de Kossow, monte dans la voiture et donne l'ordre de les conduire dans un village lointain.

Arrivés à destination, il se rend à l'auberge et, lorsque l'aubergiste se présente pour demander à ses hôtes inattendus ce qu'il pouvait bien leur servir, le Besht l'interroge aussitôt: "Comment as-tu fait la prière de la sainte journée du Kippour?"

Voilà l'aubergiste saisi d'une crainte révérentielle. Il lui faut attendre un moment avant de pouvoir répondre en balbutiant: "Saint rabbi, vous savez bien qu'en ce jour redoutable je me suis grevé d'un terrible péché, malheureux homme que je suis! Mais, croyez-moi, rabbi, je n'ai fait que céder à la tentation, et c'est sûrement Satan qui est responsable de mon malheur!"

Alors le Besht lui dit: "Raconte-moi comment les choses se sont passées."

"Hier, commence l'aubergiste, j'ai pris avec moi ma femme et mes enfants et nous nous sommes mis en route, afin de célébrer la sainte journée en ville et d'y prier avec la communauté. Tout à coup, je me souvins que j'avais oublié de fermer la cave. Craignant que le non-juif à qui j'avais confié la garde de la maison n'en profite pour s'y régaler, je fis demi-tour, tandis que ma famille continuait le voyage.

J'étais à peine entré dans la maison qu'un messager se présentait pour me demander quelques bouteilles dont on avait besoin, disait-il, pour une petite fête au château. Je lui donnai donc ce qu'il voulait. Entre-temps, d'autres clients étaient arrivés. Comme il faisait encore jour, je pensais pouvoir encore arriver en ville avant le soir. Mais les clients se succédaient sans interruption. Lorsque, enfin, il n'y eu plus personne dans l'auberge, et que je voulus fermer la cave, je m'aperçus, avec terreur, que la nuit était tombée et qu'il ne m'étais donc plus possible de partir. Que faire ? me demandais-je. Je me retirai alors dans une petite pièce de la maison, afin d'y épancher mon coeur devant Dieu. Car, me disai-je, Il sait tout et me pardonnera mon péché. Cependant, je n'arrivai pas à trouver un livre de prières. Ma femme et mes enfants les avaient tous emportés.Alors je e mis à pleurer à chaudes larmes devant Dieu, en lui disant: "Maître de l'univers, Tu vois combien mon coeur est lourd, puisque je ne puis, en ce saint jour, m'unir à la communauté pour prier avec elle. Je n'ai même pas un rituel dont je pourrais me servir! Et je ne connais pas non plus les prières par coeur! Mais je sais maintenant ce que je vais faire, la seule chose qui soit en mon pouvoir: je vais me mettre à répéter les lettres de l'alphabet, de tout mon coeur, comme l'enfant qui ne sait pas encore lire. Et Toi, ô Dieu, Tu Te chargeras bien d'assembler les lettres pour composer avec elles les mots de mes prières." Je vous demande, saint rabbi, que pouvai-je faire d'autre?"

Alors, le Ba'al shem posa sa main sur l'épaule de l'aubergiste, tout contrit, et lui dit: "Depuis bien longtemps une prière aussi sainte et aussi fervente n'était pas montée au ciel! Sois-en sûr: Dieu s'est réjoui de ta prière!"


La moralité de cette histoire: rien ne sert d'aller anoner des prières dans les églises, synagogues ou mosquées. Les mots ne sont que des mots. Tant de personnes se prétendent fervents religieux et meilleurs que les autres simplement parce qu'ils vont passer une heure avec d'autres à réciter des textes dont ils ne comprennent même pas le sens. Seuls les actes motivations et la volonté comptent. Le reste n'est que du vent.

aleftavmem