pensées et réflexions

petites phrases pleines de sagesse, poèmes personnels et réflexions s'enchaînent au gré de mes pensées dans l'espoir d'apporter un peu de lumière et de chaleur dans les coeurs...

23 novembre 2005

La légende du Huart

On dit que chaque lac du Québec a son huart. Le huart à collier, ou plongeon imbrin, est un oiseau marin qui porte un collier de plumes blanches sur sa robe noire. Il a un chant très caractéristique. Cette légende amérindienne nous raconte d’où vient ce collier. C’est cet oiseau qu’on trouve sur la pièce de un dollar canadien, qu’on appelle ainsi communément un huart.

 

Les forêts québécoises abritent une multitude de lacs. Au bord d’un de ces lacs vivait autrefois une tribu amérindienne. Le chef Onas habitait la plus grande loge avec sa femme Niska et son fils Napiwa.

La forêt donnait du gibier en abondance, le lac des poissons en quantité, et le maïs cultivé de quoi nourrir tout le monde à satiété. Chacun accomplissait les tâches dictées par la tradition: la vie se déroulait paisiblement au rythme des saisons.

Mais une croyance respectée par tous semait l’angoisse parmi les membres de la tribu, grands et petits. Cette croyance voulait que le dieu huart règne en maître sur la nuit. À la tombée du jour, lorsque son chant parvenait aux oreilles des hommes, c’était le signe que personne ne devait sortir de sa loge ou de son abri de trappe. Le Grand Huart punirait sévèrement celui qui braverait ses lois car la nuit était son royaume exclusif.

Le sorcier de la tribu entretenait cette crainte en parlant de punitions terribles:

- "Si l’un de vous ose sortir, il sera emporté dans le royaume de la nuit et jamais plus il ne reverra les siens", répétait-il à tout moment.

Ainsi quand, à la brunante, on sentait descendre l’obscurité, chacun attendait le chant du huart en achevant ses tâches. Aussitôt que le chant mélodieux se faisait entendre, on s’empressait de ranger les canots au sec et tous se réfugiaient à l’intérieur des loges. Personne n’avait jamais osé sortir et regarder la nuit en face.

Or Onas avait un fils à qui il enseignait avec fierté tout ce qu’il faut savoir pour devenir un grand chasseur et, plus tard, un chef sage et courageux.

Sa femme Niska aimait beaucoup son fils. Elle passait ses journées à le regarder grandir et à lui broder de beaux mocassins et d’amples tuniques de peau.

Napiwa avait quinze ans et il avait déjà fait ses preuves comme chasseur et comme guerrier. Tous vantaient sa valeur et son endurance. Depuis quelque temps Napiwa s’était mis à réfléchir.

Il était terriblement agacé de voir sa tribu accorder foi aveuglément à cette croyance à propos du dieu huart et de la nuit. Il refusait d’y croire. Il interrogeait les anciens, il essayait de discuter, de comprendre ; mais tout le monde prenait peur quand il abordait le sujet.

Alors, un jour, n’y tenant plus, il dit tout haut ce qu’il pensait:

- "Je ne crois pas ce que nous enseigne le sorcier à propos du Grand Huart !"

- "Comment?" s’écria son père, "tu oses contredire le sorcier ? Malheur à toi mon fils. Que le Grand Huart ne t’entende pas !" Napiwa n’osa pas répondre à son père. Mais pour lui tout seul il pensa: "Cette nuit je sortirai voir la lune et les étoiles que je ne connais pas. Au diable le Huart."

Lorsque tout le monde fut endormi, Napiwa se leva sans bruit et sortit de la loge. Le cœur battant, il regarda la lune et admira les étoiles. Il prit un canot et un aviron et s’enfuit sur le lac.

Au matin, un des chasseurs courut avertir le chef qu’il manquait un canot. Onas se leva.

- "Quelqu’un a-t-il quitté le village ?" demanda-t-il.

- "Je ne sais pas", répondit le chasseur.

Alertée par le bruit des voix, Niska se retourna vers le lit de branches de sapin où dormait Napiwa. Il était vide ! Avant même de regarder, elle avait su dans son cœur que Napiwa était allé braver le Huart. Elle n’osa rien dire. Mais quand Onas constata l’absence de son fils, il se fâcha.

- "À cette heure-ci, il doit être déjà mort. Le sorcier va préparer la cérémonie des morts", dit-il sans manifester d'émotion.

Le sorcier se retira dans sa loge pour faire ses préparatifs et invoquer les esprits.

- "L’offense est grave", dit-il. "Il faudra soigner les offrandes aux dieux pour réparer la faute de Napiwa."

Mais Niska refusa d’accepter si vite la mort de son fils chéri.

- "Le huart l’a peut-être épargné. Pourquoi ne pas envoyer quelqu’un le chercher ?"

- "Où chercher ? Au royaume de la nuit ?" répondit Onas irrité de son audace.

- "Sur le lac", dit Niska.

Mais elle voyait bien que ni les chasseurs, ni le sorcier, ni son mari ne conservaient l’espoir de retrouver Napiwa. Leur crainte du Grand Huart était telle qu’ils ne pouvaient que s’incliner devant sa puissance. Tandis que pour elle, sa tendresse pour son fils l’emportait sur tous les autres sentiments. Bien sûr elle aussi craignait et respectait le dieu huart et la puissance des manitous. Mais son cœur de mère refusait d’accepter la fatalité et la perte de son fils.

- "Quand le soleil sera droit sur nos têtes, si Napiwa n’est pas de retour, j’enverrai un canot à sa recherche", dit enfin Onas pour calmer sa femme.

Puis chacun, au village, reprit ses activités. Niska, rongée par l’inquiétude, s’en alla au bord du lac. Elle marcha longtemps sur la berge, scrutant l’eau profonde, là-bas au milieu du lac, où chaque soir le huart lançait son chant-signal.

Elle chercha en vain un indice qui lui révélerait la présence de son fils. "Était-il pensable qu’un manitou puisse tuer un jeune homme si beau, si plein de promesses ?" se demandait-elle. "Non, ce n’était pas possible: le Huart ne pouvait être cruel à ce point."

Tout en marchant, Niska ramassa sur la grève un caillou blanc. Elle se mit à le tourner et à le retourner dans sa main comme pour combattre par ce geste son angoisse et son inquiétude. Puis elle frotta le caillou contre une pierre dure, tout en continuant d’épier le moindre mouvement autour du lac.

Lorsque le soleil fut au zénith, Onas envoya un canot avec deux des meilleurs chasseurs de la tribu à la recherche de Napiwa.

Tout le temps qu’ils furent partis, Niska continua de polir le caillou blanc, qui devint lisse et brillant. Machinalement, elle y perça un trou et l’enfila sur une lanière de cuir qu’elle glissa à son cou.

Le soir arriva et les chasseurs revinrent au village sans Napiwa. Niska et les autres se dépêchèrent de rentrer avant la tombée de la nuit. Onas essaya de la raisonner. Mais elle ne voulait pas accepter la mort de son fils.

- "Demain, tu enverras encore un canot le chercher", pria Niska.

Onas accepta malgré sa résignation, car lui aussi avait beaucoup de chagrin d’avoir perdu son fils. Pendant les cinq jours qui suivirent Onas envoya un canot, puis deux canots à la recherche de Napiwa. Ils partaient le midi et revenaient le soir sans rien rapporter.

Niska, elle, marchait, marchait autour du lac sans jamais perdre espoir. Chaque jour, elle ramassait un caillou blanc sur la grève et le frottait contre une pierre pour s’occuper. Le soir elle le perçait d’un trou et l’enfilait sur sa lanière.

Le sixième jour, bien avant le coucher du soleil, Niska entendit des voix venir du lac et le bruit des pagaies dans l’eau. Son cœur bondit dans sa poitrine. Elle se mit à courir. Toute la tribu descendit vers le lac pour accueillir les canots. Même le sorcier qui avait été forcé de retarder la cérémonie des morts vint voir ce qui se passait. On avait retrouvé Napiwa vivant !

Napiwa sortit du canot et marcha dans l’eau vers le rivage. Tous le regardaient avancer en silence. Niska s’élança vers lui pour l’embrasser. Puis on l’entoura et il se mit à raconter :

- "Le ciel était noir, noir, mais des milliers d’étoiles brillaient. Je ne me lassais pas de les regarder mais mon canot a chaviré. Je ne voyais rien, je ne sentais rien. J’ai essayé de nager mais d’étranges remous m’ont emporté. Mon canot a disparu. J’ai crié puis... je ne sais plus. Quand j’ai ouvert les yeux j’étais au sec dans un nid de branches et de feuilles. Le Grand Huart se tenait près de moi. Il m’a parlé tout doucement. Il m’a apporté du poisson à manger et de l’eau à boire. Petit à petit mes forces sont revenues. Le huart ne semblait pas offensé de ma bravade, au contraire. Je me sentais bien chez lui ; je ne pensais même pas à partir. Puis aujourd’hui, j’ai vu les canots et je me suis souvenu..."

Niska se leva et alla vers son fils.

- "Viens", dit-elle.

Elle l’entraîna vers le rivage et lui fit signe de ne pas bouger. Sous les yeux de tous, Niska prit un canot et s’en alla toute seule vers le milieu du lac. Personne n’osait rien dire, pas même Onas, pas même le sorcier. Sur le visage de Napiwa, qui la suivait du regard, se dessinait un sourire.

Niska fila sur l’eau et le chant modulé du huart retentit tout à coup. Tous les gens massés sur la grève frissonnèrent. Le huart lançait son signal et pourtant la nuit était encore loin ! Qu’est-ce que ça voulait dire ?

Niska continua d’avancer. Sans même agiter la surface de l’eau, le huart apparut devant le canot. Niska s’arrêta de pagayer. Elle retira de son cou le collier de cailloux blancs qu’elle avait polis et repolis tout au long de sa douloureuse attente. Elle se pencha vers le huart qui se tenait immobile sur l’eau sombre. Puis elle lui glissa au cou le collier qu’elle avait façonné. Elle murmura:

- "Merci"

On dit que c’est depuis ce jour que les huarts ont autour du cou un magnifique collier de plumes blanches.

huart

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17 novembre 2005

La légende de Nanabozo

Chez plusieurs nations amérindiennes un mythe raconte comment le peuple a pris possession du feu. Pour les Ojiboués, le monde a été créé par Nanabozo, fils d’un esprit céleste et d’une femme de la Terre.

Les Ojiboués ont longtemps occupé un vaste territoire le long de la rivière des Outaouais et autour du lac Supérieur dans ce qui est devenu la province voisine de l’Ontario. Nanabozo avait le pouvoir de se transformer en arbre ou en animal et c’est ainsi qu’il a ramené le feu pour les siens.

"Il y a très longtemps le feu n’était pas connu dans le pays de Nanabozo et il avait très froid.

- Nokomis, demanda-t-il à sa grand-mère, n’y a-t-il pas quelque chose dans le monde qui peut nous réchauffer ?

- J’ai entendu dire, répondit la grand-mère, que quelque part dans l’est, près des grandes eaux, vit un vieux sachem avec ses filles. Ces trois-là ont chaud car ils possèdent une chose appelée le feu. Mais il paraît que cet homme cache le feu de la vue de tous et le conserve jalousement.

- Je vais trouver cet homme, s’écria Nanabozo, et je vais ramener le feu pour nous.

- Je doute que tu réussisses, dit Nokomis. Ces gens surveillent leur feu jour et nuit. Le vieux reste assis toute la journée dans son wigwam à réparer ses filets et à garder le feu. Il ne sort jamais. Seules ses deux filles se promènent dehors.

- J’essaierai quand même, dit Nanabozo.

Nanabozo établit un plan. « Voilà ce que je vais faire, pensa-t-il, je vais transformer l’eau du lac qui voisine le wigwam du sachem en une glace mince comme l’écorce du bouleau. Ensuite, je vais me changer en petit lapin assez léger pour que je puisse marcher sur cette glace fine. Voilà ce que je vais faire ! »

Nanabozo salua sa grand-mère Nokomis, et partit. Il marcha vers l’est pendant des jours et des jours. Il arriva bientôt devant un lac au bord duquel s’élevait le wigwam du vieux sachem. Aussitôt, grâce à ce pouvoir qu’il avait, il transforma l’eau du lac en glace fine et se transforma lui-même en un tout jeune lapin.

Nanabozo se cacha pour pouvoir observer le wigwam et attendit. Quand il vit l’une des filles sortir du wigwam pour aller vers le lac, Nanabozo sortit de sa cachette et s’approcha d’elle. Puis il s’arrêta et se mit à grelotter très fort.

- Pauvre petit lapin ! s’écria la jeune fille. Viens te réchauffer.

Et aussitôt elle prit le lapin dans ses mains et l’emporta dans son logis en l’abritant sous sa veste. Lorsqu’elle fut entrée, elle fit voir le jeune lapin à sa sœur. Toutes les deux se mirent à jouer avec lui pour s’amuser.

- Arrêtez ce bruit, fit le père.

- Mais père, on s’amuse avec le lapin.

- Enfants, que vous êtes étourdies ! s’écria le vieux sachem. Avez-vous oublié l’existence des manitous ? Ce lapin en est peut-être un qui vient voler notre feu. Allez ! renvoyez cette bête où vous l’avez trouvée !

- Voyons, père ! ce petit lapin n’est sûrement pas un manitou. Il est juste un petit animal sans défense, dit la plus jeune des filles. Un manitou ne se changerait pas en un animal si faible.

- Vous refusez de m’écouter ! se fâcha le vieux. Vous oubliez mon grand âge et ma sagesse.

La plus jeune des filles fit semblant de ne pas entendre les mots prononcés par son père. Elle déposa en souriant le petit lapin près du feu pour qu’il se réchauffe.

« Maintenant que ma fourrure est sèche, pensa Nanabozo, je souhaite qu’une étincelle vienne l’enflammer. » Et comme il arrive toujours avec Nanabozo, son voeu se réalisa. Une étincelle s’échappa des bûches enflammées et mit le feu à son pelage. Aussitôt, Nanabozo s’élança dehors et courut à toute vitesse vers le lac.

- Regardez père ! crièrent les filles, il s’enfuit avec le feu !

- Vous voyez bien que j’avais raison de me méfier, dit le vieux en courant derrière l’animal. C’est sûrement un manitou qui est venu voler le feu.

Le vieux sachem se mit à courir après Nanabozo, mais la glace céda dès ses premiers pas et ses filles eurent beaucoup de mal à le sortir de l’eau. Pendant ce temps, Nanabozo avait couru à perdre haleine et arrivait en vue de son logis.

- Nokomis ! cria-t-il. Vite, Nokomis ! Transfère ce feu à des branches.

Nokomis se précipita vers lui et fit comme il demandait, sans hésiter. Puis Nanabozo réussit à éteindre le feu de son pelage en s’aidant de ses pattes. Content de voir brûler les branches, il s’examina en riant.

- Dorénavant, dit-il à Nokomis, chaque été les lapins auront le pelage comme le mien pour rappeler aux hommes comment le feu est venu jusqu'à eux dans ce pays.

Nanabozo reprit sa forme humaine et, cet hiver-là, lui et Nokomis eurent très chaud."

nanabozo

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23 octobre 2005

les neuf vies du chat

"Un vieux matou, mathématicien émérite mais fort distrait et incroyablement paresseux, somnolait à l'entrée d'un temple. De temps à autres, il entrouvrait un oeil pour compter les mouches du voisinage et replongeait presque aussitôt dans sa douce léthargie.
Shiva vint à passer par là. Émerveillé par la grâce naturelle, toute féline, que l'animal avait conservée, malgré un embonpoint considérable dû à son oisiveté, le Seigneur des Monde lui demanda: "Qui es-tu et que sais-tu faire?"

L'autre, sans même entrebailler les paupières, marmonna:


-Je suis un vieux chat très savant, et je sais parfaitement compter.

-Magnifique! Et jusqu'où peux-tu compter?
-Mais voyons, je peux compter jusqu'à l'infini!
-Dans ce cas, fais-moi plaisir. Compte pour moi, l'ami, compte...

Le chat s'étira, bailla profondément, puis, avec une petite moue de dédain amusée, se mit à réciter:

-Un...deux...trois...quatre...

Chaque chiffre était prononcé d'une voix plus murmurante et vague. A sept, le chat était à moitié endormi. A neuf, il ronflait carrément, abîmé dans un sommeil béat.


"Puisque tu sais seulement compter jusqu'à neuf", décréta le grand Shiva, Souverain des Sphères, "je t'accorde neuf vies".

C'est ainsi que les chats disposèrent de neuf existences.

Mais Shiva, qui était aussi un subtil philosophe, médita longuement. Le matou lui avait assuré qu'il pouvait compter jusqu'à l'infini. Certes, il s'était arrêté au chiffre neuf, puis s'était endormi. Or, le sommeil, sans nom, sans forme, sans pensée, n'est-il pas une fidèle préfiguration de l'infini?


Alors Shiva compléta son décret: Au bout de ses neuf vies, le chat accéderait directement à la félicité Suprême."


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19 octobre 2005

l'attrape-rêves

Plusieurs légendes racontent l'origine de l'attrape-rêves. Ces légendes varient d'une tribu indienne à l'autre. Voici les plus connues:

Les Micmacs racontent qu'une grand-mère qui cousait des vêtements dans la lumière tamisée de son wigwam entendit un jour une petite voix qui pleurait dans un coin. Elle leva les yeux et demanda: "Qui est-ce qui pleure et pourquoi pleures-tu" La petite voix répondit: "Ici, c'est moi grand-mère..." La grand-mère leva les yeux et aperçu une petite araignée. "Je pleure, parce que tout le monde à peur de moi. Ils disent tous que je ne sers à rien. La grand-mère fût bien peinée d'entendre ce que l'araignée avait à dire. Elle lui répondit: "Eh bien, je crois que je peux faire quelques chose pour toi. Dorénavant, quand tu tisseras ta toile au-dessus de l'endroit où l'on dort, les mauvais rêves resteront pris à l'intérieur et seront détruits par le soleil. Ainsi, on ne fera plus que des bons rêves..."


Chez les Objibway, aussi appelé Chippewa (tribu indienne du Canada), on dit qu'il y a bien longtemps, une araignée appelée Asibikaashi protégeait les enfants de la tribus en tissant sa toile au dessus de l'endroit où ils dormaient. Les mauvais rêves, les mauvaises pensées et les mauvaises vibrations restaient accrochés dans la toile et étaient détruits par le soleil du matin. Mais au fil des années, la tribu grandit et les Objibway dûrent se disperser sur leur territoire. Comme l'araignée n'était plus capable de visiter tous les wigwams, elle demanda aux femmes de la nation de l'aider dans sa tâche. Les femmes se mirent alors à tisser un réseau de fils semblables à une toile d'araignée à l'intérieur d'un cerceau de bois à l'aide de fibres végétales ou animales.


Une autre légende raconte qu'il y a bien longtemps, lorsque le monde était encore jeune, un vieux et sage chef Lakota se rendit sur une haute montagne où il eut une vision. Dans cette vision, Iktomi, le Grand Sage, Enseignant de la Sagesse, lui apparut sous la forme d'une araignée. Iktomi s'adressa à lui dans un langage sacré. Et pendant qu'il parlait, Iktomi l'Araignée s'empara de l'anneau de sagesse du vieux Lakota qui était orné de plumes, de crins de cheval, de perles et d'offrandes, et commença à tisser une toile.

Il parla au vieux Lakota des cycles de la vie: comment nous commençons tous notre existence en tant qu'enfants, puis traversons l'enfance et l'âge adulte. Finalement, nous atteignons un âge avancé où il faut s'occuper de nous comme on le fait des enfants, complétant ainsi le cycle. "Mais", dit Iktomi tout en continuant à tisser sa toile, "dans chaque existence il y a de nombreuses forces ; certaines sont bonnes et d'autres mauvaises. Si tu écoutes les bonnes forces, elles te guideront dans la bonne direction. Mais si tu écoutes les mauvaises forces, elles te mèneront dans la mauvaise direction et risquent de te nuire. Donc ces forces peuvent aider, ou au contraire interférer avec l'harmonie de la Nature." Et pendant que l'araignée parlait, elle ne cessait de tisser sa toile.

Lorsque Iktomi s'arrêta enfin de parler, il donna sa toile au vieux Lakota et dit: "cette toile est un cercle parfait avec un trou au centre. Utilise cette toile pour aider ton peuple à atteindre ses objectifs, faire un bon usage de ses idées, de ses rêves et de ses visions. Si vous croyez dans le Grand Esprit, la toile attrapera les bonnes idées tandis que les mauvaises s'en iront par le trou." Le vieux Lakota fit alors part de sa vision à son peuple et depuis, les indiens accrochent des attrape-rêves au-dessus de leur lit pour faire le tri de leur rêves et de leurs visions. Les bons sont capturés par la toile de la vie et accompagnent les gens, mais le mal présent dans leurs rêves tombe par le trou situé au centre de la toile et disparaît à jamais de leur vie.

On dit que l'attrape-rêves renferme le destin du futur.

dreamcatcher

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16 octobre 2005

Le lapin sur la lune

Une ancienne légende indienne raconte qu’il y a bien longtemps, vivaient un lapin, un renard et un singe. C'était de très bons amis et ils étaient inséparables. Un jour qu'ils se promenaient dans la forêt, ils virent soudain au détour d'un sentier un mendiant allongé sur le sol. Après un instant d'hésitation, les trois amis s'approchèrent prudemment de lui. Mais l'homme restait allongé et immobile. Arrivés près de lui, le singe , le plus téméraire des trois animaux, s'adressa à lui: "Que fais-tu ainsi couché sur le sol, au beau milieu de la forêt"? Le mendiant ouvrit péniblement un oeil et bredouilla quelques paroles: "... celà fait des jours et des jours que je n'ai plus rien avalé... je suis à bout de force...aidez-moi...s'il vous plaît...". Après s'être concertés, les trois amis décidèrent de partir à la recherche de nourriture afin de venir en aide au mendiant. Le singe partit prestemment dans les arbres et revint vite les bras chargés de baies et de fruits fraîchement cueillis. Le renard partit chasser des oiseaux et pêcher des poissons qu’il fit cuire avant de les donner au mendiant. Mais le pauvre lapin, ne sachant ni grimper aux arbres, ni cueillir de fruits, ni chasser ou pêcher, revint bredouille auprès du mendiant et de ses deux amis. Attristé de ne rien pouvoir donner au mendiant, il décida de lui offrir sa propre chair et se jetta dans le feu qu'avait allumé son ami le renard. Voyant celà, le mendiant leur révéla alors sa vraie nature: il était le dieu Indra, dieu de l’Étendue Illimitée du Ciel, Maître de la pluie et des saisons. Emu par ce  don de soi, il adopta le lapin et le ramèna avec lui sur la lune.

Depuis cette époque, en regardant attentivement la lune, il est possible d'apercevoir ce lapin. Il rappelle aux hommes ces notions trop souvent oubliées de don de soi et de générosité. Alors la prochaine fois que vous verrez la lune, arrêtez-vous un instant, contemplez-la et souvenez-vous de cette magnifique leçon de générosité. Et qui sait, peut-être apercevrez-vous le lapin...

pleine_lune1

le lapin est visible sur cette image. Le voyez-vous?

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20 août 2005

La colombe et le Bodhisattva

Nouvelle petite légende trouvée sur le site de Paule Andrée.

"Le Bodhisattva parcourait la campagne en quête de ce qu'il ne savait pas. Il marchait à pas lents, tantôt s'abîmant dans ses pensées, tantôt accrochant sa curiosité à la nature, somptueusement vêtu des couleurs de l'infiniment intelligent. Soudain il vit une colombe, si fatiguée de brasser l'air lourd que sa chute était imminente. En un ultime effort, elle parvint jusqu'au Sage et se laissa tomber à ses pieds.

- Je t'en supplie Bodhisattva, gémit-elle, sauve-moi! Un vautour me poursuit depuis ce matin; je suis épuisée et je n'ai plus d'espoir qu'en toi. Vois, le vautour arrive ... il est là!

En effet, un gros oiseau noir approchait du Sage, mais en volant lui aussi avec tant de maladresse que son épuisement faisait peine à voir. Le Bodhisattva ramassa la colombe et la cacha dans sa tunique, en lui murmurant, avec toute sa tendresse fraternelle :

- Paix en ton coeur, petite colombe. Je suis le Bodhisattva, je t'offre l'hospitalité de mon sein et tu n'as plus rien à craindre 

C'est alors que le vautour se posa devant lui, les plumes en désordre et visiblement harassé.

- Par les dieux, murmura-t-il, je n'en puis plus après cette terrible matinée de chasse! Bodhisattva, je t'ai vu cacher la colombe sous ta tunique, donne-la moi vite, car je me sens défaillir...

- Assurément, je ne te la donnerai pas, répondit le Sage, car je lui ai garanti la sécurité, et les lois de l'hospitalité ne sauraient être transgressées sous peine de forfaiture.

- Cette colombe ne t'appartient pas, répliqua le vautour. Elle est à moi. Quand tu l'as ramassée, elle était à bout de forces et allait, en toute équité, tomber en mon pouvoir. Allons, donne-moi mon bien.

- Impossible !

- Réfléchis, Bodhisattva: je suis un vautour, c'est ma nature imposée par les dieux qui, de même, m'ont imposé ma nourriture. J'ai forcé la colombe. Elle est la récompense de mon travail de vautour et tu dois me la donner.

- Impossible, dit encore le Sage, mais on sentait qu'il avait la voix mal assurée. Je voudrais bien t'obliger, vautour, mais je ne le puis au prix que tu demandes. Repars à la chasse, c'est ce que tu as de mieux à faire.

- Repartir à la chasse? Tu plaisantes cruellement, Bodhisattva. Ne vois-tu pas que je suis incapable de voler. Qu'un renard me trouve en cet état et je suis perdu. Tu veux me mettre dans l'obligation de mourir de faim ou d'être dévoré par un ermemi ? Soit, je vais mourir mais tu porteras ce crime dans ta conscience.   

Le Bodhisattva n'eut pas besoin d'une longue méditation pour comprendre que le vautour avait raison, mais la colombe aussi avait raison de vouloir sauver sa vie, et lui aussi avait eu raison d'offrir l'hospitalité de son sein. Pouvait-il dire à l'oiseau qu'il était le salaire légitime du vautour ? Devait-il laisser le vautour dévorer sa proie ? Son coeur fondait de pitié, d'amour et de cruelle incertitude. Sacrifier l'innocente colombe ? Impossible! Sacrifier le vautour innocent? Non. Il ne restait plus qu'une solution qui illumina le Bodhisattva.

- Tu as raison, vautour, dit-il, je ne dois pas te priver de ton salaire. Je vais donc t'offrir avec ma chair ce qui te revient de droit.

Par miracle, un couteau et une balance surgirent devant le Sage qui posa la colombe dans un plateau, et dans l'autre, un gros morceau de chair prélevé sur son propre corps.

Le fléau penchant du côté de l'oiseau, le Bodhisattva ajouta un autre morceau de sa chair, puis encore un autre, et un autre ... et toujours le fléau penchait du même côté, et le monceau de chair humaine ne pouvait peser aussi lourd que la frêle colombe.                

Alors, le Bodhisattva monta tout entier dans la balance dont les plateaux s'équilibrèrent aussitôt avec une exactitude rigoureuse.

Une vie pour une autre vie.

Le vautour, qui avait contemplé la scène en silence, battit des ailes et se métamorphosa.

- Je suis le dieu Indra, dit-il, et je voulais t'éprouver.

Une pluie d'ambroisie tomba du ciel et guérit le Bodhisattva à qui le dieu annonça qu'il se réincarnerait dans le corps du prochain Bouddha.

Tel fut l'enseignement initiatique du Bodhisattva."

colombe

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15 août 2005

la légende de la lune

Voici une jolie légende hindoue sur la lune.

"Tout là haut, dans le ciel, là où Daksha l'a placé pour qu'il l'assiste dans la si délicate gestion du Monde, le Seigneur Lune veille. Daksha est plus spécialement chargé de veiller sur les Jours: Lune règne sur la Nuit... Tâche trop monotone hélas: pas la moindre voix, pas la moindre lueur, une accablante solitude, une terrible obscurité... « Je reconnais mon bonheur, dit-il un jour à Daksha, je sais que les humains m'aiment, qu'ils craignent l'écrasante chaleur du Soleil et préfèrent ma douce lumière. Je sais que ma lueur les invite à la danse, à la musique et à l'amour... mais je suis seul et je m'ennuie... » Daksha, compréhensif et bon, propose donc un marché: « Je vais t'offrir quelques unes de mes filles pour égayer tes longues veilles ». C'est ainsi que le ciel se trouva peuplé par vingt-huit nouvelles venues, toutes plus belles et chatoyantes les unes que les autres. Le Seigneur Lune fut émerveillé lorsqu'il les vit se prendre par la main pour danser une gigantesque ronde tout autour de la voûte céleste.

Mais ce qui devait arriver arriva: l'une d'elles conquit son coeur ; celle dont l'épaule scintillait de tous les feux de l'étoile rougeâtre que nous nommons Aldébaran. - « Qui es-tu ? » demanda-t-il fasciné. - « Rohini , la rouge », répondit-elle sobrement, avec un discret petit rire qui le fit fondre de désir. - « Tu es très belle, Rohini, souple et élancée comme un roseau, ton parfum est celui du bois de santal... » et il resta sans voix. Mais dès ce jour, il ne la quitta plus, délaissant les vingt-sept autres filles de Daksha qui ne tardèrent pas à s'en plaindre à leur père.

« Je ne t'ai pas donné mes filles pour que tu les méprises. Partage tes faveurs entre toutes également. Si tu n'obéis pas, malheur à toi ! » On dit souvent que l'amour rend aveugle. Il rendit sans doute Lune sourd, qui ne prit pas la peine d'obtempérer aux ordres de Daksha. Et le châtiment fut terrible: Lune tomba aussitôt malade et se mit à s'affaiblir de jour en jour. Et sur la Terre une période de désolation commença: on vit les plantes se dessécher, les fleurs perdre leur parfum, les animaux dépérir et quelques hommes succomber... Les Devas, inquiets coururent chez Daksha, pour le supplier de rendre sa santé au Seigneur Lune pour sauver les créatures terrestres... Ils surent convaincre Daksha qui consentit à atténuer le châtiment, sans pour autant revenir sur sa décision de punir le Seigneur de la Nuit. « D'accord, annonça-t-il. Sa maladie ne le fera souffrir que quinze jours. Quand il approchera de sa fin, il devra se plonger dans le fleuve Sarasvati, pour y retrouver ses forces. Pendant les quinze jours suivants, il recouvrira sa santé ».

Le Seigneur Lune n'était déjà qu'un fil d'argent dans le firmament, prêt à s'éteindre... La nuit suivante, personne ne le vit: il prenait son bain dans le Sarasvati. Le surlendemain, il fit une timide apparition, puis de jour en jour se montra plus vigoureux, pour retrouver au bout de quinze jours toute sa vigueur d'antan. Certes, sa maladie revient périodiquement pour lui rappeler les exigences de Daksha. Aussi ne manque-t-il plus jamais de passer une nuit entière avec chacune des vingt-huit soeurs. Il ne peut rendre visite à Rohini qu'une fois par mois, et cette attente est bien souvent trop longue.

Alors, soyez attentifs, toutes les nuits, à la place qu'occupe Lune dans le ciel. Le Seigneur de la Nuit a chaque soir une nouvelle étoile pour compagne, tantôt celle-ci, Régulus, à l'extrémité de la patte avant du Lion, ou celle-là, qui forme l'Epi, dans la main de la Vierge. Plus tard, ce sera Antarès, l'étoile rouge du Scorpion... ou la tendre Aldébaran, sur la douce épaule de Rohini. Regardez attentivement le ciel: certains soirs sont favorables. Vous pourrez parfois observer un bien curieux spectacle. Lune est tantôt un tout nouveau petit croissant, filet d'or dans le firmament, tantôt une boule rubiconde. Mais sa face est illuminée de joie quand Rohini est dans ses bras. Alors, Aldébaran se cache derrière les deux amoureux. Ignorant ce que diraient les poètes, les astronomes parlent d'une « occultation »... Après quoi, Lune reprendra sa route, pour un long mois, loin de sa belle.

Ne vous inquiétez pas trop pour Rohini ! Elle saura reconquérir son élu: n'est-elle pas devenue, la protectrice des amoureux, et n'est-ce pas vers elle qu'ils tournent leurs regards lorsqu'ils se prennent tendrement la main dans l'obscurité ?
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(http://pages.infinit.net/paule11/pluneetsoleil.htm)


moon_phases

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22 mai 2005

la divinité

J'avais déjà posté cette histoire il y a quelques mois, mais je ne résiste pas à l'envie de la remettre une seconde fois. Elle me plaît beaucoup.

Une vieille légende hindoue raconte qu'il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette. Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci : "Enterrons la divinité de l'homme dans la terre." Mais Brahma répondit : "Non, cela ne suffit pas, car l'homme creusera et la trouvera." Alors les dieux répliquèrent : "Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans." Mais Brahma répondit à nouveau : "Non, car tôt ou tard, l'homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu'un jour, il la trouvera et la remontera à la surface." Alors les dieux mineurs conclurent : "Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d'endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour." Alors Brahma dit : "Voici ce que nous ferons de la divinité de l'homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c'est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher."

brahma1 brahma2

Posté par Regis à 05:46 - Contes et Légendes - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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